Des camions au cycle de vie plus respectueux de l’environnement

Le « cycle de vie des produits » n’est plus un simple outil médiatique mais bénéficie désormais à l’ensemble de l’entreprise. De nos jours, les sociétés ne peuvent ignorer l’importance de gérer l’empreinte environnementale de leurs produits. Volvo Trucks a été l’un des premiers grands acteurs du secteur industriel à prendre des mesures pour réduire l’impact environnemental de ses camions. De l’exploitation de l’eau glacée des rivières comme moyen de refroidissement de ses usines, à l’utilisation de carburants de substitution innovants, Volvo reste en tête dans le domaine du cycle de vie des produits.
Il y a environ trois ans, la prise de conscience des problèmes liés au changement climatique par la communauté internationale a atteint son paroxysme. Le vert est alors devenu la nouvelle couleur du moment, tandis que toutes les personnalités, des hommes politiques aux pop stars, ont commencé à mettre en avant leurs actions éco-responsables. Le monde des affaires leur a rapidement emboîté le pas et les entreprises, des fabricants de chocolat aux sociétés de transport, se sont mises à évaluer l'impact environnemental de leurs produits et à prendre des mesures visant à le réduire.
Les entreprises de nombreux secteurs affichent certes un engagement écologique variable depuis plusieurs décennies, mais ce n'est que depuis que le changement climatique est devenu l'une des principales préoccupations internationales que l'impact environnemental des produits fait partie intégrante du quotidien des sociétés. « C'est une question prépondérante dans le monde des affaires d'aujourd'hui », explique Raul Carlson, consultant international pour l'industrie et conférencier spécialiste du cycle de vie des produits. « Je ne vois pas comment une entreprise sérieuse peut aujourd'hui travailler au développement d'un produit sans réfléchir à ses effets sur l'environnement. »
Certaines sociétés mesurent l'impact environnemental de leurs activités à l'aide d'outils tels que l'analyse du cycle de vie (Life VA). Cette évaluation consiste à effectuer un suivi des matières premières, depuis la mine ou le puits dont elles sont extraites jusqu'à la phase finale du processus de traitement et de fabrication. L'impact environnemental du produit est ainsi mesuré tout au long de son utilisation ainsi que, lors de la phase finale de son cycle de vie, qu'il soit recyclé ou mis au rebut. « Les rejets polluants, les déchets produits et les ressources utilisés sont identifiés à chaque étape », poursuit Raul Carlson.
Prendre des mesures
Lorsqu'une entreprise sait quel est son impact sur l'environnement, elle peut prendre un certain nombre de mesures afin de le réduire. « L'une des actions possibles consiste à définir des objectifs à long terme associant à chaque nouvelle génération de produits un impact global inférieur à celui de la génération précédente », explique Raul Carlson. « Ainsi, vous pouvez par exemple vous fixer un objectif de réduction des émissions de 50 % pour la prochaine génération de produits, et orienter alors votre stratégie dans cette direction. » Certaines entreprises établissent une base de données interne des matériaux qu'elles utilisent et de leur valeur mesurée d'après l'analyse du cycle de vie, de sorte que leurs designers puissent se rendre compte des conséquences de leurs différents choix sur l'impact environnemental des produits qu'ils créent.
Le développement de produits plus respectueux de l'environnement répond à la fois à une attente de la clientèle ainsi qu'à une volonté des entreprises. « Je pense que le secteur industriel se plie aux exigences du marché tout en orientant la demande en faveur de meilleures performances environnementales », affirme Raul Carlson. « Face au manque d'informations, les clients ne peuvent faire part que d'exigences assez générales, telles que le refus d'une forte empreinte carbone ou de toute substance toxique. Mais les entreprises doivent ensuite transposer cette volonté en un produit qu'elles sont capables de proposer. »
Si les actions mises en place à cette fin ont un impact médiatique positif, elles favorisent également les finances de la plupart des entreprises. « En fait, la majeure partie des sociétés réalisent des économies car cela leur permet d'identifier certains gaspillages ou une consommation d'énergie légèrement excessive », explique Raul Carlson. Ces mesures s'avèrent également bénéfiques en interne car il est plus facile pour des entreprises éco-responsables d'attirer et de conserver des employés qui accordent également une importance croissante au respect de l'environnement.
Volvo Trucks et son impact environnemental du cycle de vie de ses produits
Volvo Trucks est l'une des premières grandes entreprises du secteur industriel à avoir pris des mesures pour réduire l'impact environnemental du cycle de vie de ses produits. « Nos premiers travaux consacrés à l'écologie datent de la première Conférence des Nations Unies sur l'environnement qui s'est tenue en 1972 », affirme Lars Mårtensson, directeur des affaires environnementales de la société. « Notre CEO de l'époque,
P.G. Gyllenhammar, déclara alors que même si la société contribuait au problème, elle pouvait également contribuer à le résoudre. C'était une prise de position très audacieuse pour un constructeur automobile. »
Depuis cette époque, le constructeur de camions de Göteborg analyse systématiquement le cycle de vie de ses véhicules, identifiant ainsi des solutions permettant de réaliser des économies d'énergie et de matériaux lors de leur production, de réduire leur consommation de carburant et leurs rejets polluants tout au long de leur utilisation puis de minimiser leur impact environnemental à la fin de leur vie. « Nous nous efforçons aujourd'hui de réduire notre dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles et de limiter notre impact sur le climat », explique Lars Mårtensson. « Pour ce faire, nous procédons de deux façons : d'une part, en augmentant le rendement énergétique de nos produits et de nos opérations et, d'autre part, en introduisant des carburants renouvelables. »
En 2007, Volvo est devenu la première entreprise à disposer d'une usine au bilan climatique neutre. L'intégralité de l'énergie consommée par cette usine implantée à Gand, en Belgique, provient de sources renouvelables grâce à des éoliennes, des dispositifs d'exploitation de la biomasse et des panneaux solaires, tous installés sur le site de l'usine. Un immeuble de bureaux et un entrepôt passifs ont également été construits. « Nous sommes parvenus à réduire la consommation d'énergie d'au moins 30 % au cours des cinq dernières années », indique Lars Mårtensson. « Toutes nos grandes usines de production afficheront un bilan carbone neutre d'ici fin 2010. »
L'usine de fabrication de cabines de la société située à Umeå, en Suède, utilise l'eau glacée d'une rivière à des fins de refroidissement, tandis que la concession de Vérone, en Italie, produit l'intégralité de son électricité grâce à des panneaux solaires, le surplus étant utilisé pour alimenter le réseau électrique local.
D'après l'analyse du cycle de vie réalisée par Volvo, la période d'utilisation d'un camion représente environ 90 % de son impact environnemental, c'est pourquoi l'entreprise concentre ses efforts sur cette phase. Même si les rejets de CO2 ne sont pas encore soumis à des règlementations, c'est un domaine dans lequel Volvo a énormément progressé et ce, de sa propre initiative. « Au cours des 30 dernières années, nous sommes parvenus à réduire la consommation de carburant de 40 %, ce qui représente une évolution remarquable », explique Lars Mårtensson. En outre, l'entreprise s'est fixé pour objectif de poursuivre la baisse de la consommation de carburant à un rythme de 1 % par an.
Une amélioration significative du rendement énergétique peut d'ailleurs être envisagée avec les nouveaux camions hybrides Volvo, actuellement testés sur le terrain en Suède. Ces essais montrent en effet que la consommation et les rejets polluants des camions en milieu urbain peuvent être abaissés de 15% à 20 %. Autre initiative de Volvo, le pack de services Fuelwatch aide les clients à réduire la consommation et les émissions de CO2 de leur véhicule par le biais de mesures telles que la formation des conducteurs, des mises à jour de logiciels ou encore l'intervention de consultants en gestion du carburant.
Pionnier
Toutefois, la suppression totale des émissions de CO2 requiert de nouveaux carburants, un domaine dans lequel Volvo fait, là encore, figure de pionnier dans son secteur. En 2007, la société a dévoilé sept camions capables de fonctionner avec sept carburants renouvelables différents. C'était une façon pour la marque d'indiquer aux acteurs de l'industrie de l'énergie et aux gouvernements, qu'elle disposait de la technologie et que c'était maintenant à eux de lui fournir le carburant. L'un des carburants qui, selon Volvo, offre le plus grand potentiel est le bio-DME, qui peut être produit à partir de biomasse, et un mélange de biogaz liquéfié et de gazole, exploitable à plus court terme. « Nous pensons que ce carburant s'avèrera extrêmement intéressant dans un proche avenir », explique Lars Mårtensson.
Volvo a pris un certain nombre de mesures afin que lorsqu'un camion arrive en fin de vie, toutes ses pièces pouvant être recyclées le soient effectivement. Les pièces portent ainsi des informations expliquant comment elles peuvent être recyclées le plus efficacement possible, tandis que des manuels de démontage sont désormais proposés. En outre, certains composants sont reconditionnés puis revendus. « Un camion est recyclable à environ 90 à 95 %, sous la forme de matériaux ou bien d'énergie », indique Lars Mårtensson. « Environ un tiers de chaque camion que nous produisons est réalisé dans des matériaux recyclés. »
Certains esprits critiques pourraient soupçonner les entreprises de surfer sur la vague écologique actuelle uniquement par intérêt médiatique. Lars Mårtensson réfute ce point de vue en précisant que, dans le cas de Volvo, il s'agit d'un projet à long terme concernant toutes les composantes du groupe. « Nous travaillons à l'amélioration de la situation environnementale depuis très longtemps et nous pensons réellement que cela est primordial pour notre entreprise. Cette approche est bénéfique pour notre activité et il est essentiel pour notre survie à long terme que nous soyons proactifs afin de préserver notre suprématie dans le domaine de l'écologie. Si nous étions seulement réactifs, nous envisagerions l'environnement comme un coût, alors qu'il doit être en fait considéré comme une opportunité de revenu. »
1. Matériaux
De l'acier au caoutchouc en passant par les tissus et la peinture, un camion Volvo est composé d'environ 7000 kg de matériaux. Aujourd'hui, un camion Volvo comprend environ 30 % de matériaux recyclés, principalement du fer et de l'aluminium, mais également du cuivre et du plomb.
2. Production
En seulement cinq ans, les techniques de fabrication à bilan carbone neutre, de recyclage et d'amélioration du rendement énergétique ont permis à Volvo Trucks de réduire sa production de déchets d'environ 70 %, sa consommation d'eau de 40 % et sa consommation d'énergie de 30 % par camion.
3. Utilisation
La consommation de carburant, les rejets polluants et l'entretien représentent environ 90 % de l'impact environnemental total d'un camion Volvo sur l'ensemble de sa durée de vie, c'est pourquoi ils font partie des priorités de la marque. Les émissions des camions Volvo d'aujourd'hui sont jusqu'à 100 fois inférieures au niveau prévalent il y a 20 ans.
4. Traitement de fin de vie
Un camion Volvo classique est composé de métal à environ 85 %. Si l'on ajoute à cela les divers composants en plastique et en caoutchouc, le taux de recyclage des camions atteint 85-95 %. Tous les composants en plastique pesant plus de 50 grammes portent une étiquette permettant de les identifier facilement lors du processus de recyclage.
Source : Volvo.com
26-11-2009